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    il n'a de pont qu'une planche

    en équilibre sur la lune

    comme balancier une ombre

    une étoile morte au revers de la main

    le ventre serré d'une ceinture de faim

    devant les grilles hautes

    qui barrent l'occident

    il a quitté le chemin de terre rouge

    et le sang jeté sur les places haïes

    mais l'ailleurs le refuse

    et sur son bras s'abat

    la trique du policier

    le passage s'achète

    le prix paie le rêve

    le solde en est la mort

    ou si le vent et le passeur le désire

    l'exil innommable

    avec le froid en prime

    accroché à de nouvelles barrières

    à de nouveaux cerbères

    avec encore la poussière

    ou la boue pour lit

     

     

     


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    le grès profond     large     fort

    se fouille

    se creuse

    se dévêt

    jette ses vieilles loques

    lâche grain à grain

    ses peaux superficielles

    crie     hurle

    quand de sa nudité de boue

    naît le regard

    la parole

    la grand bruit des corps

    liés au bois des arbres

    tombés sous le poids

    des nuits infinies

     

     

    **********

     

     

    il lance le geste

    d'un peu d'argile

    et de la flamme

    et du souffle

    le geste

    au plus loin du bloc

    qui le vit naître

    continuité du mouvement

    visée

    de la main

    -sa mère-

    du regard

    -son père-

    arc bandé

    écriture sur le vent

     

     


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  • bouche de l'ombre

    plus large que tous les soleils

    sans fond

    où se perd la voie lactée

    ombre abrupte

    spirale du temps vendu

    de la chair perdue

    aux jours de semaine

    un avenir pour chacun

    au bout de la corde

    démission

    sauver sa santé morale

    sa peau

    ou être son propre ogre

    dans l'obéissance

    la soumission

     

    les milliardaires n'ont jamais été

    aussi nombreux

    les aliénés suivent la même courbe

    écrasés de tâches

    aux mains vides d'outils

    retranchés de l'avancée de ce monde

    décervelés

    lobotomisés

    nourris d'eaux grasses

    de grande accoutumance

    menottant les êtres dans

    l'obsession du manque

    la folie de la dépendance

     

    la lutte des classes a été perdue

    ils restent confinés

    dans la violence

    des perdants

    dans les violences subies

    et la haine rendue

    les milliardaires n'ont jamais été

    aussi          nombreux

     

    ombre abrupte

    spirale de la vie perdue

    plus large que tous les soleils

     

    Daniel Rivel


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