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    Le Groupe d'Art Contemporain d'Annonay accueille en ce printemps une exposition d'oeuvres sur papier de Colette Brunschwig, réalisées entre 1975 et 2008.

    Cette artiste secrète a traversé les époques et fait partie des grands mouvements de peinture de la seconde guerre mondiale. Proche de Soulages, d'André Morfin, mais également de l'art d'Extrême Orient, elle a tracé son propre sillon en cherchant inlassablement un rapport entre peinture et écriture calligraphique. Les oeuvres  présentées, utilisant comme supports essentiels l'encre et le papier, présentent des mondes en noir et blanc dans lesquels surgit la subtilité des multiples valeurs de gris.

    Me promenant parmi les tableaux, sont arrivés tout naturellement des mots faisant lien entre l'instantanéité de son geste et ma propre perception de ces mondes.

    Est ainsi née une série de textes intitulée:     immanence du blanc

     

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    immanence du blanc   I

     

    le gris

    du noir au blanc

    la traque

    la coulure du noir

    sur le plan incliné du temps

    avec en finalité

    le blanc

    et toutes les déclinaisons

    de gris

    jusque dans la goutte figée

    île-méditation

    sur le travail des gradations

    de la trace

    noir béance d'une pré-naissance

    à l'ouverture déjà

    le blanc

    d'abord en reflet

    sur la peinture à peine posée

    puis sa griffe acérée

    de plus en plus enfoncée

    dans la chair du noir

    le sang devient cendre liquide

    et parachève son épuration

    ou peut-être est-ce le blanc

    remontant à l'origine du noir

     

    *****

     

    immanence du blanc  II

     

    le trait

    le gris en traces

    tissage de nuances

    de profusions     directions

    et le cercle centre

    où vient s'épurer

    dans le filtre de l'empreinte

    le corps-regard

    contigüité de la matière-pensée immatérielle

    et du rêve concret

    chemin au travers des fibres vibrantes

    du regard et de la peau

    et du battement du sang

    dans l'écriture de chair

    le trait hors et dans l'image

    à la rencontre-imprégnation

    du solide et de l'intemporel-vapeur

    expérience du dialogue

    au delà du langage

     

     *****

     

    http://www.gac-annonay.org/GAC/Groupe_dArt_Contemporain.html

     

     

     

     

     

     


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    le mot

    -l'idée du mot

    son image-

    contraint

    bras tordu

    dans le dos

    au sourire éclatant

    des faussaires

    sur l'air de

    notre vérité

    c'est la voie

    hommes aveuglés

    muets de leur propre voix

    chambre d'amplification

    porte-voix

    des paroles imposées

    depuis les sphères

    boursières ou financières

    carnassières

    avec pour le peuple

    un peu de miel frelaté

    pour attraper les mouches

     

    *****

     

    les mots salis, dépenaillés, couverts de boue, hantés par le silence -seul révélateur du sens-, fatigués, affamés, à femmer - clin d'oeil à toi Loulou homme de tout amour et de grande colère- secouent leurs pieds de terre, de vent et de blessures sur mes pages fragiles. homme de parole bien-sûr mais plus encore de silence, plus nécessairement de silence -combien d'écoute faut il pour élever un mot-. l'excès de parole produit le brouhaha, le tohu-bohu. le silence matrice, écrin, élévation, rencontre-lumière taille l'homme dans sa brutalité de chair.

     

     

     


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     ... entre 8 heures 30 et 17 heures...

     

    dans un espace sourd

    l'impossible soumission ronge jusqu'aux nerfs

    la tête roule dans le caniveau de l'insupportable

    des mots de sang giclent

    de tous les pores brûlants

    la journée fut sombre

    la soirée sera veines ouvertes

    s'épanchant sur la feuille blanche

    acide fumant

    jusqu'à l'énucléation des heures perdues

     

    *************

     

    je ne suis qu'un hiver

    qui s'étire

    entre les branches des lilas

    dans les ramures hautes

    où la pie érige sa forteresse de brindilles

    entre les heures

    verrouillées de la semaine

    arrive 17 heures...

     

     

     

     


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    le sommeil

    ce passage à gué

    les yeux fermés

    les miens tiennent tellement au paysage

     

    *****

     

    le sommeil

    comment y sombrer

    je ne pourrai me noyer

    que dans tes yeux

     

     


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    d'une pichenette renverser le sablier

    pour emblaver les talus de sauvagines rebelles

    et d'espoirs tenaces

     

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    glisser une amande et une poignée de givre

    dans le bol à aumône de ce vieux moine

    une épine de ronce pour rapiécer sa robe de vieux jours

    avec le fil du temps

     

    ********

     

    c'est écrit sur l'écorce du cerisier nu

    du cerisier nu devant les amoncellements du ciel

    à l'équerre du vent

    à l'extrémité frileuse de ses branches incertaines

    l'ombre s'affaissera au dénouement du jour

    écrasant les forêts de tout le poids des âmes mortes

    les merles volent bas

    et courent sous la charmille dépouillée

    vendre le jaune de leur bec

    contre quelques maigres espoirs

    tombés sur le sol

    derrière la fenêtre

    la nuit enserre la table

    le halo d'une lampe lutte pied à pied

    sur les encres renversées qui hantent les cahiers

     

     

     


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